LE PROBLÈME DE LA TRANSCENDANCE CHEZ CIORAN

,, Honnêtement ; on ne peut parler que de soi même et de Dieu”
(Cioran, Le Crépuscule des pensées, Humanitas, 1996, p. 181)

„ Dieu existe même s`ll n`existe pas”
(Cioran, De l’inconvenient d’être né, L’édition roumaine, Humanitas, 1995, p.200)

Résumé

1. Introduction

L`œuvre de Cioran a la réputation d’une absence d’articulation systématique malgré à ce caractère dû dans une large mesure à la préférence que Cioran a montrée pour le fragment, malgré à la forme aphoristique où il a exprimé ses obsessions, a pourtant quelques coordonnés unificatrice qui ont la valeur d`une constante métaphysique.
Donc, on peut parler de l`existence de quelques dominantes qui traversent la barrière entre la période des écritures roumains et celle de l`œuvre écrite en langue français : la Transcendance (la Divinité), la sainteté, l`extase mystique, la musique, l’éros, le temps, l’histoire, l’ennui, la maladie, la mort, l’absurde, le suicide, le néant, etc.
Exactement comme chez Heidegger, toutes les existentielles, étaient réductibles à l’existentielle nucléaire du soin, on soutient que toutes les existentielles (les dominantes) cioraniennes sont dérivées de l’existentielle fondamentale et profonde : la Transcendance.
La Divinité, chez Cioran, a la signification d`un « Deus otiosus » et d`un « Deus absconditus ».
Cela offre les palliatives de la tromperie de la lucidité (l’extase musicale ou érotique).
– Elle est responsable de l’absurde du monde (la maladie, la mort).
– Chez Cioran, la Divinité a une nature antinomique, Elle est profondément contradictoire.
– Les temps et l’histoire sont des réflexes de la décision de l’Absolu d’être créateur.
– Toute la coupabilité de la corruption cosmique est attribuée non pas à une élection humaine originaire, erronée, mais à Dieu.
– Chez Cioran, la sotériologie ne peut pas exister.

2. L’évolution du concept de transcendance dans l’histoire de la philosophie.

Le dernière fondement a été successivement dénommé :,,apeiron”; ”un”; „moteur prime”; „l’acte pur”; la substance”; l’identité absolue”; „l’indéterminnation”etc.
– Le caractère transcendance de l’Être ─ des controverses (on a offert des solutions qui s’excludaient réciproquement).
– La définition du terme de Transcendance.
– L’indication de certains moments majeurs dans l’évolution du concept de Transcendance, dans l’histoire de la métaphysique européenne Platon, Aristot, Kant, Hegel et Heidegger.
– Platon met le problème de la Transcendance en rapport avec le condition ontologique du Bien (le régime du Bien rapporté aux intelligibles et aux sensibles).
– L’idée du Bien chez Platon est transcendance par rapport à l’intelligible, donc le Bien a un caractère supra intelligible.
– La distinction que Platon fait entre « nous » et « dianoia » (La Republiqe).
– Dans l’espace cognitif de l’intellect contemplatif, le doute ne peut pas être formulé.
– Cioran a un rapport altéré avec l’archétype du Bien (on est en présence d’une éclipse métaphysique du Bien).
– Aristot « regresus ad infinitum », Le Premier Moteur (La Métaphysique XII λ)
– Il y a un conflit métaphysique de principe entre la version platonicienne et celle aristotellienne de la transcendance.
– Kant rejette l’argument ontologique. Apres avoir fait la critique des contra-arguments kantiens, orientés envers l’argument ontologique, Hegel supprimera l’opposition entre l’essence et l’Être (dans l’indétermination, l’essence et l’Être ne sont pas extérieures une à l’autre).
– Hegel élimine aussi les affirmation et les négations de „l’Être pur” par cette opération spéculative en s’obtenant l’identité de l’Être et du néant dans leur pureté.
Le régime hégélien de la suppression de la transcendance par la mobilité spéculative du concept, a eu comme effet le déclenchement d’une crise du concept de transcendance. Heidegger se délimite autant par rapport au concept théologique de transcendance que par rapport à celui consacré par la métaphysique moderne.
Chez Heidegger, le phénomène de la transcendantion est identique au fait « d’Être dans le monde » (le monde est une structure transcendance du Dasein, donc la transcendantion n’a pas lieu en dehors du Dasein, mais dans la profondeur de celui – ci.
C’est le Dasein qui transcendance et celui vers lequel se fait la transcendantion c’est toujours le Desein, donc on n’a pas une transcendantion dans la direction d’une altérité transcendante, par exemple la Divinité (L’Être de Heidegger est limité). Apres „Kehre”, Heidegger pose à soi mémé la question sur l’absence et l’attente du Dieu.
L’idée d’une temporalité vidée de sens, du retrait de la Divinité du monde, survient fréquentement aussi dans les textes cioraniens.
Chez Cioran, cette référence à l’absconsion de la Divinité supposera une réhabilitation du concept théologique de transcendance.

3. Cioran et la réhabilition négative de la transcendance théologique.

L’angoisse découvre son fondament seulement au moment où elle est visée non pas la mort, mais le destin spirituel ultime qui transcendance la mort, parce que en fonction de cette position de l’homme face à l’Absolu, paraisse la validation ou l’infirmation ultime du sens du monde. Sans la possibilité d’un être qui ait l’infinité et les attributs dont la théologie a identifiés, il n’est possible ni l’attente de dernières niveaux de l’abis.
Heidegger, par exemple, ne peut pas expérimenter le néant dans une forme radicalle.
Il y a seulement celle forme de „rien” opposée à „tout”, qui soit radicale, mais opposée non pas à une totalité cosmologique, mais à une totalité théologique, absolument infinité. Donc, l’angoisse de Cioran devient possible seulement au moment où le concept théologique de transcendance est récupéré et seulement dans le contexte où on a la conscience qu’on vit dans un cosmos jeté de l’horizon éclaire d’une telle transcendance.
Sans l’idée de Dieu personnel, le nihilisme ne peut pas exister. Le nihilisme véritable est né seulement à condition de l’existence d’une mémoire paradisiaque qui amplifie le contraste entre notre condition cosmique et le territoire transcendant. On ne peut pas disputer, on ne peut donner dis gifles à une équation.

4. La position de Cioran face à l’antithétique de la transcendance.

L’origine du nihilisme cioranien pourraite être expliquée aussi dans la perspective d’une topographie métaphysique qui tiendrait du rapport entre l’intériorité et l’extériorité. Cioran se rapportait surtout à l’Être théologique qu’à celle phénoménologique dont la forme été indiquée par Heidegger. Cioran parle d’une création échouée.
Le schéma ontologique cioranien emprunte du christianisme l’idée de la chute. Chez Cioran, la chute n’a pas lieu d’une création parfaite dans une création ratée, mais d’un régime paramenidien dans l’un de la multiplicité.
Adam n’est pas coupables de la compromission de la créature ; c’est Dieu qui a choisi de se manifester dans un monde dissonant. La cosmogonie devient l’effet secondaire d’un « katharsis » divin. Cioran dit : „par notre existence nous avons sauvé l’Absolu de la gangrène”. (Des larme et des Saints la IV-ième édition, Humanitas, Bucarest, 2001).
Cioran est placé dans une position ambivalente par rapport à la Transcendance : on lui contestant son œuvre cosmogonique, Cioran semble mettre en discussion les attributs divins, leur régime infini donc, les perfections de Dieu. D’ailleurs, les expérience au caractère privilégié (nous avons en vue ici l’extase mystique et celle musicale) lui réveillent la conscience d’une réalité tant merveilleuse que dans cette séquence temporelle – là où celles – ci surviennent, les contradictions cosmologiques et existentielles, l’enthousiasme du nihiliste paraissent paralyser.
Cette proximité du nihilisme avec l’expérience extatique de l’ésorbtion dans l’Absolu nous renvoie a penser à une entière tradition des penseurs qui serait risquant de voir une similitude entre la manière dans laquelle Cioran concevoit le rapport entre la Divinité et le néant, et la manière dans laquelle Hegel formule son identité célèbre entre l’Être et le néant dans l’origine de leur pureté et de leur indétermination.

5. Les contre-faces de l’apophatisme cioranien.

L’apophatisme théologique classique (Dionisie l’Aréopagite) est lié au caractère de totalité du Dieu. De la Divinité, il faut affirmés tout ce que s’affirme de tout ce qui existe. Mais parce que les verbes affirmés sont des verbes seulement par analogie, de Dieu il faut à la fois nier tout ce qui existe.
Ce n’est pas le néant qui est désigné par la négation apophatique, mais c’est une affirmation au caractère infini, au fond une supra-affirmation, parce que Dieu est supérieur non seulement par rapport aux affirmation, mais aussi supérieur par rapport aux négations.
– L’apophatisme de Platon (voir le Dialogue Parmenide).
– L’apophatisme chez Meister, Eckart et Hegel.
– L’apophatisme de Heidegger (voir Que signifie la métaphysique ?).
Le besoin de Dieu, chez Cioran est rigoureusement equivalée avec besoin d’une absence de Dieu. Cioran reste sous la signe d’une infraction flagrante du principe de la non-contradiction, d’une fièvre mystique inversée, qui ne tient pas compte des principes logiques. („Car tout ce qui existe démente et confirme la Divinité” écrira Cioran dans ,,Des larme et des Saints’’ Édition citée, p.88).
Cioran est un apophatique, mais son apophatisme se constitue sur des antinomies d’un autre ordre que celles de l’apophatisme classique. L’apophatisme de Cioran vise plutôt une zone du retrait de Dieu du monde.
Influencé, par son esprit musical, par son hypersensibilité mystique qui lui faissaient des dissonances insupportables à son existence, Cioran emene et conteste simultanément la Transcendance des théologiens. Il se trâte d’un apophatisme inversé, un apophatisme d’un degré spécial, spécifique cioranien, qui consiste dans une conversion de la réduction apophatique, dans une guerre métaphysique portée avec la Divinité.

6. Le Dieu des théologiens et le Dieu des philosophes.

Le Dieu de la théologie de distingue de celui de la métaphysique par son caractère personnel.
La philosophie surprendre uniquement le caractère de substance de la Divinité et pas celui du sujet.
– Le caractère du sacré chez Rudolf Otto.
– La différence que Pascal fait entre le Dieu philosophes et le Dieu biblique.
– L’image de Dieu de la métaphysique par rapport à l’Absolu est-elle inexpressive?
La théologie dogmatique contient un corpus, des assertions métaphysique lorsqu’on caractérise l’Être de la Divinité. Dans ce point la théologie et la métaphysique coïncident, en arrivant à différer à peine au moment où se souleve la question du caractère hypostatique de cet Être.
Les conséquences qui découlent de l’anthropomorphisation de la Divinité, corrélées au problème de la théodicée et de l’absurd de l’histoire, lient Cioran à la théologie chrétienne, pendant que la nostalgie d’une pacification impersonnel soit dans l’unité d’une substance, soit dans le « vacuum » bouddhiste tenirait des tentatives de Cioran pour l’élibération dessous la pression terrible d’un Dieu personnel sacrifié et sacrificateur.
La révolte de Cioran envers la Divinité est entretenue par le contrast entre les attributs moraux avec lesquels la théologie caractérise Dieu et les évidences factuelles. Soutenir la bonté du Dieu dans un Univers plein de souffrance et dominé par la mort, devient une provocation métaphysique majeure, qui ne peut pas être résolue par un discours. Cela est au fond aussi la morale du livre Iov. Au discours correct théologique des amis de Iov on s’oppose une souffrance qui n’a pas besoin des apologies. Dieu infirme les discours des protecteurs. Le Dieu du livre Iov n’a pas besoin des avocats qui ne comprennent pas sa nature antinomique. Il n’est exclu que Dieu préfère le révolté Cioran dont les questions tiennent du vocabulaire de la souffrance.

(Comunicare susţinută la simpozionul internaţional Emil Cioran, Ediţia a XV-a Sibiu, mai 2005)

Published in: on Octombrie 15, 2008 at 6:54 pm  Lasă un comentariu  

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